En tant qu’acteur de la vie politique sambrevilloise, ECOLO suit attentivement le dossier relatif au projet d’installation d’une prison à Sambreville, que ce soit au Conseil Communal, via le Conseiller Jean-Luc Revelard, ou au Parlement fédéral, via le député Georges Gilkinet. ECOLO n’est pas opposé au principe de la construction d’un établissement pénitentiaire sur la commune, mais souhaite que cela fasse l’objet d’une consultation des Sambrevillois et que cela se concrétise, le cas échéant, suivant des critères d’accessibilité et d’aménagement du territoire bien pensés. Concertation et objectivation qui sont bien absentes dans ce dossier par rapport auquel le maïeur Luperto fait cavalier seul et d’autres manient le poujadisme.
Depuis le 29 septembre 2008, date de sa première intervention au conseil communal, ECOLO constate et dénonce la gestion calamiteuse de la communication dans ce dossier. Malgré nos demandes répétées d’informations fiables et précises et d’une méthode de travail un peu sérieuse, les informations, parfois contradictoires, ont été diffusées au compte-gouttes, suscitant les inquiétudes les plus folles et les réactions les plus irrationnelles, dès lors que le projet a toujours été présenté comme « à prendre ou à laisser ».
Alors que, initialement, Jean-Charles Luperto répétait « Ce sera les Alloux et rien d’autre », trois autres propositions d'implantation et une modification des critères (engageant une terre agricole alors qu'au départ seule une ZACC était susceptible d’accueillir un tel projet) sont depuis lors apparues. Et le tout, sans concertation des riverains concernés et sans objectivation des choix proposés. A l’heure où les comités de quartiers et la participation citoyenne sont soi-disant promus par la majorité, où est la cohérence ?
Le Conseil Communal du 2 juin permettra - enfin - d’entendre des acteurs de terrain, concernés par la gestion d’une prison, et c’est très bien. Malheureusement, cette réunion arrachée aux forceps par l’opposition arrive trop tardivement et ne permettra plus d’objectiver le débat. La guerre des panneaux et des slogans entre les pro et les anti-prisons, le fait que les visiteurs des détenus soient déjà considérés par certains comme des nuisances… le prouvent à suffisance.
ECOLO regrette ce climat délétère et dénonce la récupération électoraliste qui est faite de la situation par les uns et les autres : elle ne facilite pas une approche sereine et raisonnée du dossier.
Pour ECOLO, seule une consultation populaire, qu’il a déjà proposée lors du dernier Conseil Communal, est susceptible de sortir de l’impasse actuelle. Si la réponse apportée par nos concitoyens est positive, ECOLO est demandeur d'un cadastre des possibilités d’implantation. Une prison à Sambreville n’est envisageable que si elle répond aux critères de gestion parcimonieuse des sols (en évitant notamment le gaspillage de bonnes terres agricoles, tel que d’ailleurs le Conseil Communal l’a décidé, avec la seule opposition d’ECOLO, le 2 mars dernier, en vendant un hectare de cette même terre agricole de « La Roche qui tourne » à un promoteur immobilier), de concertation avec les riverains et d’accessibilité pour les visiteurs. Dans le cas contraire, ECOLO demande que ce dossier soit abandonné.
Dans un contexte économique difficile, qui a vu la perte de centaine d’emplois en Basse-Sambre, il faut de toute évidence trouver des réponses originales et novatrices. C’est le souhait et la volonté d’ECOLO. Il est regrettable, dans ce cadre, de constater que les seules perspectives à court terme de créations d'emplois à Sambreville soient suspendues à la construction d'une prison. Dans une commune déplorant un taux de chômage aussi important, l'Agence de Développement Local devrait être le moteur du développement économique. Or, après près de 10 ans d’existence, elle en est encore à peaufiner ces statuts.
Pour ECOLO, c'est inexcusable dans le chef d’une majorité qui gère la commune en majorité absolue depuis plus de 30 ans.
Jean-Luc REVELARD
Conseiller communal
Historique du dossier.
Prise de connaissance par la presse le 16 septembre 2008.
Question posée par Ecolo au Conseil communal le 29 septembre 2008.
Réponse : « Trop tôt pour en parler »
A partir de mi décembre, le projet se précise. Le Bourgmestre Luperto pose devant le terrain des Alloux. Questions posées par le MR et Ecolo au conseil Communal du 22 décembre (Ecolo critique l'implantation choisie et demande s'il est possible de la modifier).
Réponse : « ce sera là et nulle part ailleurs »
Le 28 janvier : présentation du Masterplan prisons au Parlement fédéral par le Ministre de la Justice, Stefaan Declerck. Annonce de la fermeture de la prison de Namur et de la construction d’une nouvelle prison à Andenne.
Le 30 mars 2009, motion de la minorité (Ecolo, MR, Union) contre l'implantation de la Prison aux Alloux. Annonce en séance d'une autre possibilité (terrain Electrabel).
Réponse : Refus de vote de la motion.
Le 22 avril 2009 – Question du député Georges Gilkinet au Ministre de la Justice sur le projet d’installation d’une prison à Sambreville.
Le 27 avril nouvelle motion de la minorité contre la prison aux Alloux – Contre-motion de la majorité pour une prison à Sambreville. Une nouvelle proposition de localisation est faite via la presse, à Velaine derrière le cimetière
Un peu plus tard, une variante est annoncée, toujours à Velaine, mais de l'autre côté de la Nationale 98, sur les terres agricoles.
Annulation du Conseil communal du 25 mai.